Nécrologie : Décès du Général Séyi MEMENE, cet officier qui a proclamé Eyadema vainqueur de la présidentielle de 1998

 



L’officier supérieur des Forces armées togolaises (FAT) en retraite, le Général Séyi Mèmene n’est plus. L’ancien président de la Fédération togolaise de football (FTF) est décédé ce samedi matin des suites d’un accident cardio-vasculaire (AVC) contracté il y a 72heures. Il avait 86 ans.

L’histoire retiendra du disparu comme celui qui, à l’élection présidentielle de juin 1998, au moment où la victoire échappait au Général Eyadema battu de plâtre couture par son opposant Gilchrist OLYMPIO, est apparu sur les écrans de la télévision nationale, à la place de la Présidente de la Commission électorale nationale (CEN), Mme Awa-Nana DABOYA, démissionnaire quelques heures plus tôt, pour proclamer la victoire du Général Eyadema alors que la totalité des bulletins n’était pas encore dépouillée. Cette proclamation amena l’Union européenne (UE) à déclarer le processus électoral sorti de son cadre légal et suspendre sa coopération avec le Togo. Et depuis le Général est resté au pouvoir jusqu’à son rappel à Dieu en février 2005.

Quant au Général Séyi MEMENE à la suite de ce geste, il ne fera que changer les portefeuilles ministériels jusqu’en février 2005, date de la « catastrophe nationale ». C’est également lui, à la disparition du Général Eyadema, le soir du 05 février 2005, avec quelques officiers supérieurs des FAT, à la télévision nationale, ont dévoyé le pouvoir au fils du dictateur.

Il est considéré comme tuteur des enfants d’Eyadema. Mais depuis août 2017 à la suite du soulèvement populaire initié par le PNP, le courant ne passe plus entre lui et son filleul, Faure GNASSINGBE. Accusé de soutenir l’opposant Tikpi ATCHADAM, tous deux originaires de  Sokodé au centre du pays, les  maisons de l’officier supérieur ont été vandalisées  à Lomé et à Sokodé (des porcs jetés dans les maisons). Arrêté quelques jours et libéré suite aux pressions des pays amis, l'ancien ministre de l'Intérieur  s’est replié dans son Tchaoudjo natal où il a tenté de convaincre le régime qu’il reste fidèle. C’est ainsi que lors de la dernière présidentielle on l’a vu battre campagne pour Faure GNASSINGBE.  Le 22 février 2020 après avoir accompli son devoir civique très tôt le matin à l’EPP Komah 1, l’ancien directeur de la police nationale a déclaré à la presse  que  « c’est un sentiment qui anime tout bon citoyen en ce moment précis que je ressens. Je suis venu accomplir mon devoir civique et je vous dis tout simplement que j’ai voté utile ».

                                                                       le Général Mèmene votant en février 2020 à Komah
 

Séyi MEMENE a occupé plusieurs postes politique et militaire tout au long de sa carrière marqué par des hauts et des bas. En 1989, accusé de surfacturation dans les contrats d’achat d’arme, il fut sans jugement embastillé à la prison civile de Lomé. Il ne recouvra la liberté  qu’en pleine Conférence nationale souveraine à la suite du soulèvement populaire du 05 octobre 1990. Mais contre toute attente, à sa libération, le natif de SOKODE retourne avec armes et bagages chez son bourreau qu’il proclamera quelques années plus tard vainqueur d’un scrutin qu’il est en train de perdre. Un geste considéré à l’époque comme une trahison.

Son nom est également cité dans des actes de déstabilisation des pays limitrophes notamment dans le coup d’Etat qui a renversé le capitaine Thomas SANKARA.

Féru du football, il a occupé plusieurs postes de décision au sein de la FTF et de la Confédération africaine de football (CAF).

 

Francine DZIDULA

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