Ces chefs d’Etat qui enlèvent tout crédit aux élections en Afrique de l’ouest

 



Sur les dix élections présidentielles prévues pour se dérouler cette année 2020 en Afrique, six concernent l’Afrique de l’ouest. Le Togo a ouvert le bal en février, suivi de la Guinée et de la Côte d’Ivoire en octobre, le Burkina Faso en novembre, et enfin le Ghana et le Niger bouclent la boucle en ce mois de décembre.

Ces élections à enjeux sont une opportunité de consolider la démocratie dans ces pays. Mais à l’exception du Burkina Faso, dans les autres pays, en dehors du Niger où l’élection n’est pas encore organisée, ces consultations électorales ont donné lieu à des contestations de résultats. Des contestations violentes ont eu lieu en Côte d’Ivoire et en Guinée avec à la clé des dizaines de morts. Au Togo, Agbéyomé KODJO, le principal rival du président sortant est contraint à la clandestinité et d’autres responsables du regroupement qui a soutenu sa candidature dont une ancienne candidate à l’élection présidentielle, Mme Kafui Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON sont en détention. Le Ghana considéré comme un ilot de stabilité et de démocratie apaisée dans une sous-région d’instabilité politique a aussi renoué cette année avec la contestation électorale entrainant mort d’homme preuve qu’à force de côtoyer  des régimes de réfractaires à la démocratie on finit par développer ses attributs. Ce qui doit renforcer les convictions des peuples ouest africains avides de démocratie que la lutte pour cet idéal doit être une lutte permanente et globale. Aucun pan de notre région ne doit être laissé en marge de ce processus au risque contaminer les autres nations qui font le progrès. C’est ainsi que la Gambie et le Togo autrefois cancres de la bonne gouvernance et de la démocratie en Afrique de l’ouest se sont opposés à la limitation de mandat, aujourd’hui le constat est que ce dernier pays a instauré le quatrième mandat dans lequel s’engouffrent les autres pays.  D’ailleurs, Alpha Condé n’a-t-il pas déclaré pourquoi on permettait à certains chefs d’Etat de faire plus de trois mandats et à lui on veut le lui interdire ?

Face à ce syndicat des chefs d’Etat qui s’épaule les uns les autres et joue avec le destin de leur peuple  en sacrifiant des vies humaines, la dynamique citoyenne ouest africaine doit redéfinir la lutte non à l’échelle nationale mais à l’échelle sous régional  puisque c’est ce que les chefs d’Etat font. Ils se sont coalisés contre leur peuple en affaiblissant les oppositions de façon à les anéantir. Il ne doit pas y avoir de raison pour que le peuple ne s’unisse pas, ne redéfinisse pas une nouvelle stratégie pour faire à la situation.

 Ces messages de félicitation adressé à un dictateur qui vient d’être réélu contre la volonté de son peuple  venant de son homologue qui lui aussi s’accroche au pouvoir avant même la proclamation  des résultats officiels qui se multiplient ces derniers jours ou ce bal des chefs d’Etat qui vont d’une capitale à une autre pour assister à la prestation de serment d’un membre du syndicat rentre dans cette veine.

La jeunesse africaine qui constitue plus de la moitié de la population de la région ne doit pas rester passive face à la stratégie du coup KO développé par ces octogénaires qui se maintiennent à la tête de leur pays contre la volonté populaire assurés du soutien de l’armée.

 Dans tous ces pays où les présidents sortant briguent le suffrage universel à l’exception du Ghana et du Burkina les présidents réélus totalisent déjà plus de deux mandats à la tête de leur pays. A noter qu’aucune alternance n’est intervenue dans ces pays exception faite du Niger où le Président sortant Mahamadou Issifou après deux mandats ne se représente plus.  

Avec ces dirigeants qui sont capables de tout pour s’accrocher au pouvoir et si le peuple africain ne se réinvente pas, la démocratie qu’on croyait acquise sera remise en cause par ces despotes. Si le Ghana a pu fait un bond en arrière à la suite de sa présidentielle, c’est la preuve que rien n’est acquis définitivement et qu’il faut toujours continuer par se battre pour obtenir plus d’espace de liberté et ne laisser aucune poche de résistance à la démocratie qui essayeront de contaminer les bons élèves de la démocratie.

 

 

Albert AGBEKO

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