Togo : Un journaliste interpellé nuitamment à Lomé

 


Nuitamment et en plein couvre-feu, le journaliste et directeur de publication de l’hebdomadaire « L’Indépendant express », Carlos Komlanvi Ketohou a été interpellé hier par une horde de militaire sous les ordres du colonel Pignadi. Les raisons de cette  interpellation musclée ne sont pas connues. On sait juste que le journaliste a été invité à se présenter ce mercredi à 10h au Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC). Dans la parution d’hier l’hebdomadaire « L’Indépendant express » a publié un article faisant état du vol de cuillères par deux  dames ministres du gouvernement. Est-ce la raison de l’interpellation. Le lien est vite fait.

La célérité avec laquelle la justice togolaise intervient dans des dossiers politiques et de droits communs interpelle plus d’un. Sans plainte des mis en cause, la justice s’autosaisisse alors qu’elle est parfaitement muette sur des affaires de crime économique ou de sang même sur plainte. C’est qui fait dire à des observateurs que notre justice n’est pas indépendante. Elle est téléguidée, inféodée ou même qu’elle est le bras armé du pouvoir exécutif.

D'ores et déjà des voix s’élèvent pour condamner cette interpellation. C’est ainsi que l’association Journalistes pour les droits de l’homme (JDHO) condamne avec "énergie" l’arrestation nocturne du journaliste à son domicile. Elle exige la "libération immédiate et sans condition" du journaliste et "la cessation de toute forme de menaces et d’intimidation" à son encontre dans le cadre de l’exercice de son métier de journaliste. JDHO rappelle que la liberté de presse, acquise de haute lutte au Togo, ne saurait souffrir de quelque forme d’intimidations que ce soit, car le code de la presse et de la communication en vigueur au Togo indique clairement la voie à suivre en matière de délit de presse.

Dans la journée d'hier  c’est le directeur commercial dudit hebdomadaire qui a été interpellé avant d’être libéré tard dans la nuit.

Le Togo dans les années 2014 est cité en exemple en matière de liberté de presse pour avoir été le premier pays d’Afrique subsaharienne à dépénaliser le délit de presse. Mais depuis quelque temps, cette liberté  de presse est en souffrance. C’est ainsi qu’on assiste à  des suspensions de journaux, harcèlement judiciaire, condamnation et même le kidnapping nocturne.

Visiblement, les leaders d’opinion sont dans le collimateur du pouvoir en place. Ainsi après les responsables politiques, les hommes de Dieu, la presse n’est pas épargnée par cette chape de plomb qui plane sur le pays.

 

Albert AGBEKO

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