Média : la carte de presse est-elle obligatoire pour être journaliste ?

 


Le paysage médiatique togolais est depuis quelques années en pleine restructuration. Après les états généraux de la presse en juin-juillet 2014, l’adoption du nouveau code de la presse et de la communication en janvier 2020, le gouvernement s’apprête à réglementer la délivrance de la carte de presse. C’est dans ce sens qu’un projet de décret portant sur les conditions de délivrance, de renouvellement, de suspension ou de retrait de la carte de presse des journalistes a été examiné hier mercredi 13 janvier par le conseil des ministres. Qu’est-ce qu’une carte de presse, quels avantages offert-elle à son détenteur ? Eléments de réponse dans ce dossier.

Considérée comme la carte d’identité des professionnels de la presse, la carte de presse est un outil de travail. Elle est délivrée à celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l'exercice de la profession de journaliste dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques, dans une ou plusieurs agences de presse, à la radio, à la télévision ou sur le web et qui en tire le principal de ses ressources. Selon le code de la presse et de la communication du Togo en son article 17, le journaliste est perçu comme: « Toute personne titulaire d’un diplôme professionnel délivré par une école ou un institut de formation en journalisme régulièrement agréé par l’Etat » ; « Toute personne titulaire d’au moins une licence ou un diplôme équivalent reconnu par l’Etat et qui exerce le métier de journaliste dans une société de presse pendant au moins trois ans ; Toute personne titulaire d’un BTS  ou d’un diplôme équivalent reconnu par l’Etat et qui exerce le métier de journaliste dans une société de presse pendant au moins cinq ans. »

LA CARTE DE PRESSE EST-ELLE OBLIGATOIRE ?

Ce statut de journaliste donne droit à la carte de presse qui est délivrée et renouvelée chaque deux ans par le comité multimédias et délivrance de la carte de presse qui siège au sein de la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (HAAC).

La  carte, "ne peut être délivrée qu'aux personnes qui sont journalistes professionnels ou sont assimilées à des journalistes professionnels", c'est à dire à des personnes qui - entre autres critères - travaillent dans des entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse. Cela voudrait signifier qu’une personne obtient la carte de presse lorsqu'elle établit qu'elle est journaliste professionnel. Elle ne devient pas journaliste professionnel parce qu'elle détient une carte de presse.  Il reste que la détention de la carte d'identité professionnelle n'est ni nécessaire ni même suffisante pour prétendre au statut de journaliste professionnel et, puisque l'on rencontre des journalistes professionnels sans carte et des « non journalistes professionnels avec carte ».

On peut être journaliste et ne pas avoir de carte de presse. Journaliste n'est pas une appellation protégée. Et il n'y pas de conseil de l'ordre comme les médecins ou les avocats. Certains (journalistes) ne font pas la demande, d'autres parce qu'ils pensent qu'ils n'y ont pas droit.

A QUOI SERT-ELLE ?

La carte de presse est perçue comme une carte d'identité professionnelle qui permet au journaliste professionnel de prouver son activité, d'accéder plus facilement à des lieux qui lui servent à obtenir des informations (salles de presse, bureaux officiels, rencontres internationales etc.) même si au Togo cette carte ne confère aucun droit à son détenteur, même pas celui d’accès à une salle de conférence de presse.

Cependant, elle est indispensable pour la création des organes de presse. Car la loi exige que pour la création d’organe de presse, l'équipe rédactionnelle doit être composée d'au moins un tiers ayant la carte de presse. Par ailleurs, pour l’attribution de l'aide de l'Etat à la presse, il faut prouver que l'organe de presse dispose en son sein des professionnels titulaires de la carte de presse. Ne pas l’avoir vous fait perdre des points.

CONDITIONS D’OBTENTION

Il faut que le demandeur justifie que son activité de journaliste constitue « une occupation principale et régulière » et lui procure l’essentiel de ses ressources, soit plus de 50%. L’employeur doit être une entreprise de presse ou une agence de presse.

Pour une durée de validité de deux ans, la carte de presse a un coût de 10 000F, trop cher (par rapport à la carte  nationale d’identité qui pour une durée de 5 ans coûte moitié du prix) selon les professionnels de médias qui plaident pour la diminution du coût. Mais au niveau de la HAAC, on estime que le coût de l’impression et les intrants sont à la base de ce montant.

On estime au Togo à environ  300 journalistes titulaires de la carte de presse.  Selon les chiffres du  comité multimédias et délivrance de la carte de presse, en 2019 la carte de presse de 66 journalistes a expiré,  65 le sont en  2020,  62  le seront en 2021 et 93 en 2022. Pour la session de délivrance de cette carte en septembre 2020, le comité a étudié globalement 96 demandes.

Ces deux dernières années, la demande de se faire établir cette pièce est croissante chez les journalistes et c’est dû à deux facteurs : primo,  il y a beaucoup de nouvelles personnes qui entrent dans la profession et particulièrement dans le domaine de la presse en ligne. En réalité, c'était un secteur pas très organisé et les textes n’avaient pas une reconnaissance légale. Dès lors que le nouveau Code de la presse a reconnu la presse en ligne,  des demandes viennent de ceux qui sont dans ce secteur. Secundo, de plus en plus de journalistes et techniciens comprennent que la carte de presse est indispensable et donc ils font la demande.

 

Albert AGBEKO

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