Tsikplonou Mokli Ephrem, Porte-parole de la Coordination des centrales syndicales du Togo (CCST) : « Un nouveau code est nécessaire et obligatoire dans tout pays civilisé »

 



A l’orée de cette nouvelle, la rédaction de votre site d’information donne la parole aux acteurs sociopolitiques togolais. Ils jettent un regard  sur l’actualité socio-politique du pays et présentent leur vœu au peuple togolais.

Ici, Tsikplonou Mokli Ephrem, le Porte-parole de la Coordination  des centrales syndicales  du Togo (CCST) et Secrétaire général de la Confédération générale des cadres du Togo (CGCT). 

Lecture...

 

Qu’est-ce qui vous a marqué durant l’année 2020

Tsikplonou  Mokli Ephrem: Rien ne peut plus marquer les hommes que nous sommes au cours de l’année écoulée à part la pandémie à coronavirus qui a bouleversé les habitudes des hommes mais aussi indu des  changements dans le monde du travail. Et pour cela, il faut que nous repensions et réadaptions le monde du travail à la nouvelle situation afin de faire vivre nos entreprises et vivre avec cette pandémie.

Pourquoi est-il nécessaire d’aller à un nouveau code ?

J’attendais pousser un ouf de soulagement  à votre question et dire enfin nous avons un nouveau code de travail et vous me posez plutôt la question pourquoi aller à un nouveau code ? Un nouveau code est nécessaire et obligatoire. Dans tout pays civilisé cela est une gymnastique périodique. Au moins à chaque quinquennat il faut avoir un nouveau code parce que la vie dans le monde du travail est dynamique, tout change. Ce code qu’on vient d’adopter, pensez-vous qu’il sera encore utile après la Covid-19 ce qui explique qu’après cette période de pandémie donc trois à cinq  ans, il faudra le réviser.  

A votre question, j’allais dire plus tôt que nous sommes heureux d’avoir enfin un nouveau code. Après avoir introduit depuis octobre 2016 une synthèse de nos revendications auprès du gouvernement et nous voilà nantis d’un nouveau code. Ce nouveau code est la synthèse des apports des sept centrales syndicales (six de la Coordination des centrales syndicales  du Togo (CCST) et la Synergie (NDLR : la synergie des travailleurs du Togo (STT), nous avons fait une synthèse de nos obligations, nos demandes que nous avons soumis à l’Etat depuis 2016. Enfin en décembre 2020 on vient de nous offrir un nouveau code après celui de décembre  2006, 15 ans après on ne peut que s’en réjouir.

Donc ce nouveau code satisfait la Coordination des centrales syndicales ?

Je suis actuellement le porte-parole de la Coordination générale des centrales syndicales, je ne dirais pas seulement la CGCT mais ce nouveau code satisfait toute la Coordination y compris la Synergie car nous avons tous participé au début jusqu’à la fin.

Quels sont les caractéristiques de ce nouveau code ?

Enumérer  les caractéristiques de ce nouveau code serait  un peu difficile pour moi. En tout cas c’est un nouveau code qui renferme  de beaucoup de changements : il y a les relations de travail qui sont maintenant différentes, des écueils, des choses négatives que nous avons relevé et qu’on a remplacé par de nouvelles choses. Vous dire aujourd’hui  tel point ou tel point, je ne saurai vous le dire parce que nous restons toujours prudents. C’est un nouveau code qui est adopté avec notre contribution mais nous n’avons pas encore tout relu pour dire que c’est ce que nous avons écrit qui a été pris en compte. Il va falloir prendre un peu de temps pour pouvoir dire qu’il y a telle ou telle chose  qui est améliorée.

Et quels sont les revendications particulières qui vous tenaient à cœur et qui ont été prises en compte par ce code ?

Pour nous les contrats de travail, les ruptures de contrat essentiellement, les licenciements abusifs, les licenciements pour telles causes ou telles causes, il y a beaucoup de choses que nous avons demandées et que nous avons essayé de discuter avec le gouvernement avec le patronat pour qu’il y ait des changements. Je me réserve toujours de donner des exemples concrets.

Il n’y a pas de code parfait. Comme je le disais au départ tous les codes sont perfectibles. C’est pourquoi il se renouvelle régulièrement voire tous les cinq ans dans beaucoup de pays.

 Le code du travail régit les relations interprofessionnelles donc entre l’employeur et l’employé avec la supervision des  gouvernementaux.  Pour que vous ayez quelque chose qui soit à votre volonté et à plein temps, c’est que vous avez convaincu le patronat alors que ce  dernier a aussi ses revendications  et ses réalités. Il faut s’attendre lors des  négociations pareilles à lâcher un peu et les autres en font de même pour avoir des résultats durables et consensuels.  

Un nouveau code, un nouveau départ pour les travailleurs ?

L’ancien code bien sûr  fait 15 ans mais  la meilleure des choses c’est de prendre un nouveau départ qui intègre une révision régulière, par quinquennat par exemple et qu’on l’accepte dans nos habitudes.

Est-ce que le nouveau code a pris en compte le télétravail ?

Justement pas encore. Parce que vous vous savez que la télé travail a pris de l’ampleur  avec  la Covid-19. Le travail à distance, le télétravail qui commence par s’implanter doit être réglementé et c’est qui consiste à confirmer désormais la révision périodique du code.

Aujourd’hui, cette  question n’a pas été prise en compte.

Code du travail, statut de la fonction publique, quel est le lien entre ces deux notions ?

Le lien entre les deux notions est que le code du travail s’occupe du travailleur du secteur privé alors que le statut gère la fonction publique. Donc, il y a le travailleur du secteur privé et le fonctionnaire qui se partagent ces textes.

 Un message à l’endroit des travailleurs

A l’endroit des travailleurs, le courage, mais aussi essentiellement la protection de soi et la protection des autres. Il faudra que nous respections les mesures barrières mais que nous puissions discuter à tête reposée avec les entreprises, les employeurs pour avoir  des changements adaptés à la nouvelle situation sanitaire afin que le monde du travail ne soit pas trop secoué.  Face à aux  licenciements abusifs, aux changements d’horaire incontrôlé, il va falloir que nous nous réveillons, avoir une autre vue du monde du travail et essayer de le règlementer par rapport à la nouvelle donne dans laquelle nous sommes.

 

Propos recueillis par Albert AGBEKO

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