Vie chère au Togo: Après le péage et le maïs, le gouvernement enfonce le clou avec le carburant

 



La tendance est à la hausse au Togo en ce temps de crise sanitaire où les affaires sont pourtant au ralenti. Encore un coup dur pour les consommateurs togolais. Au moment où les produits de première nécessité tutoient la cime et que les différentes taxes tiennent les citoyens en tenaille, c’est le moment qu’a choisi le gouvernement togolais pour enfoncer le clou. Le prix des produits pétroliers viennent d’être revu à la hausse.

La nouvelle fixation des prix de carburant décidée par le gouvernement Dogbé entre en vigueur dès demain 11 juin 2021. Comme de coutume, il est rare de trouver le précieux liquide ce soir dans les stations services.  C’est une augmentation de 17% par rapport à l’ancien prix pratiqué à la pompe.

Désormais le Super sans plomb est vendu à 505 F contre 425F ; même le pétrole lampant utilisé par nos vieilles dans les campagnes et village est à 400 F contre 375F ; le gasoil est livré à 520 F au lieu de 450 auparavant ; le mélange 2 temps est à 606 F contre 532F.

Seul le gaz butane échappe à cette flambée de prix à la pompe.

Nul besoin de préciser qu’une fois le prix du carburant est revu à la hausse, il entrainera inévitablement celle des prix de transport et par ricochet celui des produits de consommation.

Cette augmentation en ce moment précis est une insulte aux consommateurs quand on sait qu’il y a quelques mois une affaire défraie la chronique quant à la gestion de la structure des produits pétroliers au Togo. Selon, le journal « Alternative » plus 500 milliards ont été détournés par cette structure. Et depuis le gouvernement togolais n’a jamais réagi officiellement sur le sujet, ni chercher à faire la lumière. Une nouvelle hausse pour que ces prévaricateurs s’en donne encore à cœur joie dans ce qu’ils savent faire le mieux ?

De toute façon contacté à chaud le président de la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), Emmanuel Sogadzi sur un ton humoristique a déclaré : « Remercions mes chers le chef de l'État pour sa politique de la cherté de la vie. Qu'il soit infiniment béni. Les consommateurs lui témoignent cette reconnaissance ».

Avant cette mesure, les policiers et gendarmes ont été instruits ce matin à ramasser les pneus dans les rues de la capitale. Jusqu'à quand ?

Au Togo, le contraste est qu'en plein état d'urgence et mandat social, le gouvernement peut augmenter les taxes tout en interdisant aux opérateurs économiques d'ouvrir leurs établissements (les boites de nuit et mêmes les églises ne sont pas  autorisées à ouvrir)sous couvert de lutte contre le coronavirus . 

Pendant ce temps, le salaire payé à environ 55 000 fonctionnaires ne connait pas de hausse. Le SMIG, fixé à 35 000 F est difficilement appliqué par les opérateurs économiques du privé. 

Au moment où la population est appelée à toujours faire des sacrifices, le train de vie au sommet de l'Etat continue d'augmenter. Année après année le budget de la présidence de la République augmente avec les dépenses de prestige. Ailleurs, il n'en faudra pas plus avec cette crise pour qu'on demande aux membres du gouvernement de se serrer la ceinture. Eux qui  vivent au dos du contribuable et qui ne paient même pas le carburant. Triste réalité pour un pays en crise. Une fois encore, c'est le bas peuple qui va encore payer pour cette hausse. 

Le peuple pour lequel on dit servir peut mourir tant que les dirigeants peuvent continuer par boire chaque matin leur lait et miel. Mais il faut «choisir entre le champagne pour quelques-uns et l'eau potable pour tous », dixit Thomas Sankara.

 

Francine DZIDULA

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