Affaire Pegasus : le PPT demande des explications au gouvernement togolais



Le 18 juillet dernier, un consortium de journaliste d’investigation a révélé à l’échelle internationale l’espionnage par le biais du logiciel Pegasus. Le Togo  figure au rang des pays utilisant ce logiciel. Selon les données révélées plus de 300 numéros togolais sont mis sur écoute dont trois journalistes à savoir Luc Abaki, ex DG de LCF, Ferdinand Ayité DP de Alternative et Carlos Kétohou, DP de Indépendant express par le biais de ce logiciel.

 Depuis que cette liste est révélée, les autorités togolaises n’ont pas réagi. Ce n’est pas la première fois que notre pays est épinglé par une telle affaire. Un mutisme qui selon le Patronat de la presse togolaise (PPT), une des organisations patronales de la presse togolaise est synonyme de consentement.

Dans un communiqué rendu public, le PPT demande aux autorités togolaises  à se prononcer sur les raisons qui sous-tendent cet espionnage, en violation flagrante des dispositions réglementaires qui protègent les sources d’information du journaliste en République Togolaise.

Lire l’intégralité du communiqué de PPT

*Communiqué du Patronat de la Presse Togolaise (PPT)

(Relatif à l’espionnage des journalistes togolais par PEGASUS)

 

Dans une enquête publiée le 18 juillet 2021 par un réseau international de journalistes d’investigation sur l’espionnage au moyen du logiciel PEGASUS, le Togo y est cité comme l’un des pays africains qui pratique cette forme d’espionnage.

 

Les noms des journalistes togolais contre qui ce logiciel PEGASUS est utilisé, ont été révélés par plusieurs chaines internationales. Il s’agit, entre autres de Luc ABAKI, Directeur de la chaine de télévision LCF, fermée en 2017 par la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication (HAAC), de Ferdinand AYITE, Directeur de la Publication du Bihebdomadaire L’Alternative, un journal qui est revenu d’une suspension de 4 mois, prononcée par la même HAAC, et de Carlos KETOHOU, Directeur de la Publication de l’Hebdomadaire L’Indépendant Express, journal fermé en début d’année 2021 sur décision de Justice à la suite de la saisine de la HAAC.

 

En dépit du tollé général que suscite la révélation de cette affaire d’espionnage des journalistes, le Gouvernement Togolais cultive l’omerta, refusant manifestement de briser le mur du silence alors que c’est la deuxième fois que le Togo est mentionné dans une enquête internationale sur les gouvernants qui ont mis des citoyens sur écoute, notamment des prêtres catholiques, des acteurs politiques et de la société civile.

 

« Qui ne dit mot consent », dixit l’adage. Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) se trouve dans l’obligation de croire que l’Exécutif togolais consent l’espionnage des journalistes par le biais du PEGASUS, et l’exprime bien par son silence assourdissant. Toutefois, le PPT invite le Gouvernement togolais à se prononcer sur les raisons qui sous-tendent cet espionnage, en violation flagrante des dispositions réglementaires qui protègent les sources d’information du journaliste en République Togolaise. Une pratique attentatoire à la liberté de presse, à l’intimité des journalistes et au libre exercice de leur métier.

 

Le Patronat de la Presse Togolaise dénonce ces pratiques abjectes qui n’honorent pas le Togo et lance un vibrant appel à mobilisation de toutes les Organisations de presse tant nationales qu’internationales.

Le PPT saisit l’occasion pour demander expressément aux Organisations de la Société Civile nationales et internationales d’user de tous leurs pouvoirs pour que lumière soit faite sur cette scabreuse affaire d’espionnage des journalistes par l’Etat togolais.

 

Pour sa part, le Patronat de la Presse Togolaise se réserve le droit de mener, ensemble avec des Organisations internationales, des actions d’envergure visant la protection des journalistes togolais.

 

Fait à Lomé, le 23 juillet 2021

 

Le Président du PPT

Isidore Sassou AKOLLOR

 

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