Fermeture des frontières : Ce qu’endurent les Ghanéens d’Aflao

 


 


Depuis bientôt deux ans, les frontières au sein de l’espace communautaire de la CEDEAO sont fermées en raison de la pandémie liée au coronavirus. Si jusqu’ici aucune étude n’est menée pour mesurer l’impact réel de cette fermeture sur les populations riveraines, ce qui est évident est que la fermeture a accentué la pauvreté dans les zones frontalières.

A Aflao, la ville frontalière entre le Togo et le Ghana, les habitants parlent même d’embargo imposé à leur ville, tellement la majeure partie des activités socio-économiques qui nourrissent beaucoup de familles tourne de cette frontière. Aujourd’hui, elles sont  au point mort d’où la désolation, l’amertume et l’appel à la réouverture de la frontière. 

« Je suis portefaix à la frontière, je suis natif d’Avoeme. Mes parents sont tous originaires de la région de la Volta. Je ne suis pas togolaise mais je travaille à la frontière. Je suis portefaix et c’est à partir de cela que mes enfants et moi nous mangions », confie Ablewa, une veuve ghanéenne rencontrée en marge de la manifestation pour la réouverture des frontière à Aflao.

Pour cette quinquagénaire à la suite de la fermeture de la frontière, elle s’est rabattue sur une revendeuse de friperie qui elle aide. Mais là aussi le propriétaire a dû se débarrasser d’elle faute de clientèle. Et depuis, elle est sans activité.

 « Il y a de cela  trois jours, je n’ai plus aucune farine dans ma marmite, mes enfants et moi nous avons dormi le vendre creux. Par la suite mon benjamin est décédé, si moi-même j’allais à la frontière va-t-il mourir ? Il ne va pas mourir, c’est pourquoi je supplie, aidez-moi, dites à Nana de tourner un regarder vers nous les veuves, nous avons des enfants à notre charge », raconte cette dame en genoux et en pleurs.


 

« Nous sommes en colère. Nous sommes très endettées. Nos enfants ne trouvent pas à manger et certains tombent enceintes. Nous demandons à notre gouvernement d’ouvrir la frontière pour que nous puissions trouver la paix du cœur, solder nos dettes et sortir, à cause des dettes nous nous cachons », raconte Gwladys une coiffeuse qui, dit avoir fermé son atelier au lendemain de la fermeture de la frontière. La personne ne trouve pas à manger elle va entretenir sa tête, s’interroge-t-elle avant de lâcher « la frontière c’est notre café-cacao ».

« Il doit écouter nos cris de détresse », supplie Elliot Hopen le président Nana-Addo estimant que ce dernier sait que les choses sont dures au Ghana c’est pourquoi il a demandé qu’on paie encore sa femme. Si lui avec tout ce qu’il gagne il demande qu’on paie sa femme, imagine-nous les pauvres citoyens. Il doit écouter nos cris, nous ne faisons pas de la politique mais c’est une réalité que nous vivons.

Pour Robert venu spécialement d’Accra pour la marche pour la réouverture des frontières, le président Nana-Addo doit céder aux revendications de son peuple. « Ceux qui ont voté pour toi sont dans la misère, quel président es-tu pour être insensible à leur cri de détresse », annonce-t-il.  « Tu es élu pour nous servir et ceux que tu sers disent leurs problèmes tu dois les écouter. La fermeture de la frontière cause des dommages à nous tous au Togo tout comme au Ghana et ce n’est pas une affaire de parti politique », dit-il. « Je suis venu d’Accra à mes propres frais parce que je sais que quand la frontière sera ouverte, les articles seront refus à la baisse et cela se répercutera sur tous les articles ».


 

Gnavi Kossi Joseph, transitaire à la frontière entre le Togo et le Ghana  depuis une dizaine vingtaine d’années.  Il trouve que les activités commerciales entre les deux pays étaient très florissantes surtout au niveau des frontières. Et donc avec « la fermeture de la frontière la faim a élu domicile dans nos foyers, nos enfants ne fréquentent plus, les activités ne marchent plus c’est pour nous prions le président Nana d’ouvrir les frontières en compagnie de son frère Faure en conformité au protocole de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace de la CEDEAO. Si nos deux présidents ouvrent leur frontières les autres aussi vont suivre le pas parce que c’est les mêmes difficultés que prouvent nos peuples ».

« C’est à nous qui avons faim, eux ils voyagent en avion. Si vous allez à frontière c’est comme c’est le cimetière or tel ne devrait être pas le cas. Cette maladie n’est pas partie d’ici. S’ils peuvent ouvrir et mettre des mesures nous sommes prêts ».

Les populations espèrent que le président Nana-Addo Akufo et son homologue togolais Faure Gnassingbé les écoutera pour une réouverture des frontières. Mais si d’ici là leurs cris n’est pas entendus ils reviendront avec des actions plus poussées.

 

 

Albert AGBEKO

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