Nono Gnassingbé : Un nouveau single qui laisse interrogateurs des Togolais

 



La discographie togolaise s’est agrandie par la mise sur le marché d’un nouvel opus. Nono Gnassingbé, le fils du défunt président Gnassingbé Eyadema, a lancé ce 08 août un nouveau single. Intitulé « 490», le morceau  fait sur un rythme reggae très dansant est un hymne au pardon. Si sur le plan de la qualité de l’œuvre et du talent de l’artiste rien n’est à reprocher, en revanche, c’est au niveau du message véhiculé par cette chanson que fusent les interprétations. Chacun y va de son commentaire. Le public, dubitatif n’arrive pas à comprendre le sens réel du message véhiculé par l’artiste.

L’artiste Nono n’est pas un artiste comme tout autre. Ce n’est pas parce qu’il décidé de faire abstraction de son patronyme qu’on le lui occultera. Il appartient bel et bien à la famille Gnassingbé. Il sera un artiste ordinaire que ce morceau passera inaperçu mais tel n’est pas  le cas.

Quand on appartient à une famille qui a régenté ce pays depuis plus d’un demi-siècle et que du jour au lendemain on sort un morceau au titre suggestif de pardon. Cela  laisse songeur.

On ne peut diriger aussi longtemps un pays comme cela avait été du règne de Gnassingbé-père sans offenser des gens. Mais les conditions de succession de Faure Gnassingbé à son père n’a pas permis de demander pardon au peuple togolais et de faire acte de contrition. Même si, en 2009, lors de sa visite en Allemagne, ce dernier avait demandé pardon aux victimes du régime de son père, cela n’a pas eu le même retentissement qu’un acte solennel fait sur la Terre de nos aïeux devrait avoir. Conséquence, aujourd’hui, qu’on le veut ou non, une catégorie de Togolais nourrit toujours des ressentiments envers cette famille et ce n’est pas les travaux de la Commission justice vérité et réconciliation (CVJR) qui nous démentiraient. Est-ce alors ce manque de courage politique que Faure Gnassingbé n’a pas eu pour demander pardon au peuple togolais pour les erreurs commises par son géniteur que traduit à sa manière Nono, l’artiste ? Les premiers togolais qui ont écouté cette chanson se sont posé la question.

A la suite de la disparition du président Eyadema, tous les enfants Eyadema au rang desquels Nono étaient unis comme un seul homme pour imposer leur frère à la tête du pays. Les élections qui ont suivi cette dévolution monarchique du pouvoir ont été émaillées de violences qui ont fait plus d’une centaine de morts selon les commissions d’enquête. A  la suite de ces actes de violences, aucun geste de pardon n’a été posé par qui que ce soit afin que pardon ne soit accordé. Est-ce alors cette demande que formule aujourd’hui Nono Gnassingbé ? Certains togolais n’ont pas manqué de faire le rapprochement.

Si au temps du Général-Président, la famille Gnassingbé était unie. Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’aujourd’hui, à l’instar du pays, elle est  divisée. La famille présidentielle vit un drame qu’on ne pouvait imaginer du temps du « Timonier ». Les frères qui, jusqu’hier, étaient soudés pour imposer Faure Gnassingbé au pouvoir sont devenus aujourd’hui des ennemis. Même Kpatcha Gnassingbé qu’on surnommait à l’époque vice-président de la République se retrouve derrière les barreaux. C’est dire que la fracture filiale est béante. La famille est divisée en deux. Le pardon dont parle l’artiste Nono est-ce une allusion à ce drame que vit sa propre famille ? Est-ce qu’il plaide pour le pardon et la réconciliation entre les enfants d’Eyadema ? Un pardon qui passera par la libération de Kpatcha Gnassingbé ? Certains ont vite fait de faire le lien.

Quoi qu’il en soit, le peuple togolais dans sa globalité a besoin de pardon vu ce que ce pays a traversé ces dernières décennies : trop de ressentiment, de haine, de rancœur, d’animosité. Il faut que ce peuple se pardonne pour faire face aux défis. Il a besoin du grand pardon comme le demandait déjà dans les années 1994 Edem Kodjo de vénéré mémoire. Ce n’est pas de trop si cette demande vient d’un certain fils d’Eyadema, Nono. Pourvu que chacun fasse l’effort sincère de pardonner à son prochain sans artifice.  Allons-y car chacun a à y gagner !!!

 

 

Albert AGBEKO

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