Les ras-le-bol des victimes des sociétés de trading devant le ministère de l'Economie

 



Depuis plusieurs mois ils ont été grugés par les sociétés de trading. On estime à plusieurs milliards de F CFA la somme collectée par ces sociétés auprès de ces souscripteurs avant que le gouvernement ne déclare le trading illégal au Togo. Et depuis ils sont sans nouvelles du Comité de suivi mis en place par le gouvernement pour gérer les actifs de ces sociétés. Ce matin, devant le ministère de l’Economie et des finances, en face de la CASEF, les victimes de ces sociétés de trading ont exprimé leur ras-le-bol.

Avec des banderoles ou sur des bouts de papiers, ils ont exprimé leur mécontentement sur la gestion de cette affaire. Ils réclament leur présence au sein de ce comité de suivi ou tout au moins avoir un rapport hebdomadaire de l’évolution des travaux car, disent-ils, quand deux camps sont en conflit on écoute les deux parties.

« On  est dépassé par la décision prise par le ministre de l’économie et des finances. Le  comité de suivi on ne connait pas les membres, on a écrit à plusieurs reprises au ministre pour faire partie du comité en vain. Aujourd’hui, les victimes ont l’impression que le ministère est complice de leur situation », fustige Ayaba, le porte-parole des victimes. « Nos frères meurent, nos mamans meurent, on veut se faire entendre », a-t-elle insisté.

« Nous sommes les souscripteurs de diverses plateformes de trading qu’il y a eu à Lomé. Ils étaient pleins, ils ont eu des autorisations des autorités de ce pays pour exercer. Effectivement, nous avons épargné nos fonds à leur niveau. Malgré les difficultés qu’on a dans ce pays on a épargnés nos fonds », déclare pour sa part M. Ali pour qui, les autorités ne posent pas des actes cohérents pour aboutir à leur remboursement. « Nous sommes venus ce matin pour interpeller le ministre. Nous sommes venus pacifiquement pour manifester le désarroi que nous vivons pour que les autorités de ce pays puissent prendre à bras le corps le problème et nous restituer nos fonds. Des gens sont morts dans cette histoires, des gens ont fui leurs maisons parce qu’ils ont fait des prêts. Nous attendons une intervention du premier responsable de ce pays. Nous cherchons à rentrer en possession de nos fonds », souligne-t-il.


 

« On est fatigué, on a trop espéré. Aujourd’hui on a décidé de nous faire entendre. On est prêt à mourir ici que de mourir dans nos maisons », annonce une autre victime. Son voisin assène « Nous sommes là pour réclamer notre argent et ils nous interdisent de rester au bord de la route, où est-ce qu’ils veulent que nous restons, nous voulons notre argent pour secourir nos enfants ».

Après quelques minutes devant le CASEF, la police est intervenue pour demander aux victimes de se disperser parce que dise-t-elle la manifestation n’est pas autorisée. « On ne veut voir personne ici. Ce rassemblement n’est pas autorisé. Vous ne pouvez pas forcer la loi. Tu seras tenue responsable de ce qui allait en découler. J’ai été clair, quittez les lieux », a menacé l’officier de police à l’endroit de la porte-parole.

A la suite de cette intervention de la police, une délégation des victimes s’est rendue au ministère où elle a échangé avec le Secrétaire général du ministère. Les échanges ont tourné autour de l’absence des victimes dans le Comité. A cet effet, le SG a promis un travail collégial avec les victimes pour qu’elles rentrent en possession de leur fonds. « On est confiance mais ce que nous attendons c’est nos fonds tant qu’on ne l’a pas on n’est pas satisfait », a laissé entendre Mme Ayaba à la fin de l’entretien. 


 

Notons que c’est depuis le 29 mars 2021 que  le ministre a par arrêté exigé la cessation des activités des  sociétés de tarding et les enjoignant de rembourser les souscripteurs. Mais force est de constater que depuis plus de 5 mois, les fonds  ne leur  sont pas restitués. Les victimes sont estimées à plus de 20.000 personnes.

 

Clarisse AFANOU

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