Affaire trading : Dimas Dzikodo est-il devenu une voix dérangeante qu’il faut faire taire ?

 


Depuis quelques semaines, plusieurs responsables de sociétés de trading (18 exactement) sont écroués pour activités illégales. Parmi les personnes arrêtées figure un journaliste. Même si les faits à lui reprochés sont du domaine pénal qui n’a rien à voir avec le délit de presse,  il y a lieu toutefois de se demander si le directeur de publication du quotidien « Forum de la semaine » Dimas Dzikodo n’est pas victime de la liberté d’opinion et de pensée que lui garantit la Constitution et dont il  a fait usage. N'est-ce pas parce qu’il est journaliste qu’il a été amené à donner son avis et son opinion sur cette activité, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être embastillé ? Tout porte à le croire.

Il n’est plus à présenter. Le confrère Dimas Dzikodo aime les débats contradictoires et l’art de convaincre par la force des idées et arguments. Sollicité le plus souvent par ces confrères, il est souvent présent sur les plateaux de télévision et de radio essayant d’apporter une once de lumière à ses concitoyens. Ce talent d’orateur et de persuasion a certainement milité en sa faveur lorsqu’il a été approché par les responsables de la société Global trade corporation (GTC, une de la vingtaine des associations déclarées illégales par les autorités), société dirigée par le jeune Ghislain Awaga, en cavale. C’est sans arrière-pensée que Dimas Dzikodo a accepté  cette sollicitation, mu par le désir d’apporter sa contribution, son expertise à un jeune entrepreneur togolais sous le feu des critiques et qui, par son initiative nourrit plusieurs familles togolaises.

Ainsi dans des émissions, sous sa plume on le verra prendre la défense du trading. Sensibiliser, écrire, éclairer la lanterne de ses concitoyens sur une activité licite dans laquelle d’ailleurs plusieurs sommités du pouvoir font partie, est-ce un crime ? Nous ne le pensons pas. C’est son métier qui le lui recommande et c’est ce que tout journaliste fait : convaincre par la force de son argumentation. D’où vient alors que notre confrère Dimas Dzikodo, soit inquiété et tenu pour responsable d’une société pour laquelle il n’a jamais pris d’engagement au moment où les premiers responsables sont en cavale ? 

C’est en cela qu’il faut comprendre la sortie de la section togolaise de l’Union de la presse francophone (UPF-Togo) qui dans un communiqué en date du 10 octobre 2021 demandait « la libération provisoire de Dimas Dzikodo, Directeur de publication du journal « Forum de la semaine » car l’intéressé n’a rien à faire là-bas. Sa place n’est pas là-bas mais parmi ses confrères.

 Il est évident que dans le cadre de son activité professionnelle, Dimas Dzikodo fait face à plusieurs inimitiés ceci dût à ses prises de position qui souvent ne peuvent pas plaire à tout le monde. C’est son droit le plus absolu d’être différent des autres, d’avoir un point de vue différent, d’user de sa liberté d’expression, « si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis », nous rappelle à juste titre Antoine de Saint-Exupéry.

Mais il s’est fait que dans le cadre de son activité professionnelle, Dimas Dzikodo s'est fait beaucoup d’ennemis sans le savoir même dans « son propre rang ». Tout ce monde l’entendait au tournant et ce sont eux qui se sont ligués contre lui pour l’envoyer en prison même si sa responsabilité dans les faits n’est pas établie.

Si tant est que le journaliste peut être poursuivi pour avoir soutenu cette activité de trading, pourquoi alors la justice n’inquiète pas les autorités politiques qui sont également hautement impliquées dans cette affaire et qui sont connues de tous. Leurs noms ont été subtilement utilisés par ces sociétés  pour hameçonner les souscripteurs. Ils se doivent aussi de répondre de ces actes au même titre que le journaliste. Il ne doit y avoir de passe-droit pour certains du fait de leurs activités politiques et d’autres embastillés. La justice doit être la même pour tous. Elle doit faire son travail sans aucune pression ni injonction. Il est  également important que les organisations de défense des droits de l’Homme et particulièrement des associations de presse se saisissent de ce dossier pour que les droits de toutes les parties soient respectés et que personnes ne soient lésés. Il est va de l’état de droit que nous sommes en train de bâtir au Togo.

 

 

 

Clarisse AFANOU

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