Décès de dame Ornella Laine en plein accouchement au CHU SO : Le gouvernement et l’ASSAFETO promettent faire la lumière

 



En dehors du licenciement de près de trois milliers d’employés de la Société Amina, une société spécialisée dans la production de mèches et synthétiques, c’est le sujet social qui met en émoi la population togolaise ces derniers jours. Il s’agit du décès de Mme Ornella Laine, morte en voulant donner vie.

La jeune dame, mère de deux enfants, âgée de 29 ans, qui attendait son 3ème enfant, est décédée selon toute vraisemblance à la suite de négligence et du manque de professionnalisme du personnel soignant. En effet, selon les informations recueillies auprès de sa famille, la dame qui faisait ses consultations prénatales à l’hôpital de Xletivikondji est allée dans ce centre pour l’accouchement. Alors qu’elle ressentait les premières secousses de l’accouchement, les sages-femmes l’ont abandonnée seule sur le plateau où elle est tombée face et ventre contre terre. Transférée au CHU-SO, inconsciente la jeune dame est n’est pas au bout de ses peines. Malgré l’état dans lequel elle se trouvait qui,  en principe devrait, alerter toute âme qui à cœur de sauver des vies humaines, elle a été une fois encore laissée à même le sol pendant plusieurs heures sans soins malgré l’insistance de sa famille. Et ce qu’on devrait redouter arriva. Finalement, elle n’a été mise dans un fauteuil roulant que pour expirer avec l’enfant en son sein.  

Pour l’opinion togolaise, ce énième « crime » est de trop. Il ne doit rester impuni.

Des voix s’élèvent pour que les coupables de ces erreurs médicales ne restent pas impunis. Dans la foulée, sur Twitter le hastag #CHUTokoinEtMoi permet aux internautes de témoigner sur les négligences dont ils ont été témoins au sein de ce grand centre hospitalier du Togo.

Interpellé sur le sujet par les twittos togolais, le ministre professeur Akodah Ayéwouadan, de la communication et des médias et porte-parole du gouvernement a vite réagi.  « Je comprends parfaitement le sentiment engendré par cet événement malheureux. En présentant, au nom du Gouvernement, mes sincères condoléances à la famille explorée, je puis vous assurer qu'une enquête interne est diligentée afin de situer les responsabilités », a-t-il tweeté.

Mis au ban des critiques, l’Association des sages-femmes du Togo (ASSAFETO), a également réagi à travers un communiqué. Tout en s’inclinant dans la mémoire de la victime, l’association dirigée par Mme D’Almeida Adjowa Adandogou, se dit engagée à faire la lumière sur le décès de Mme Ornella Laine.  « Nous avons, dans ce sens, plusieurs réunions avec les autorités et acteurs indiqués et nous veillerons  à ce que les responsabilités soient situées. Nous nous engageons à communiquer les résultats de la procédure en cours afin d’informer les proches et l’opinion de ses conclusions », écrit Mme D’Almeida.

Le Togo avait lancé en 2010 la Campagne d’accélération pour la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA) dont le slogan est qu’ « aucune femme ne doit mourir en donnant vie ».  Plus d’une décennie après le lancement de cette campagne, on constate que le chemin est encore loin pour y arriver.

Le personnel du CHU-SO a périodiquement observé des mouvements de débrayage pour réclamer des moyens techniques leur permettant de bien exercer leur métier. Le constat aujourd’hui, est que, ce dont souffre cet hôpital dit de référence, n’est pas seulement technique, c’est reformatage de fond en comble.

 

 

Albert AGBEKO

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires