Charles Debbasch, le mercenaire à col blanc, est mort

 



 

Le vieux juriste français et conseiller juridique des Gnassingbé de père en fils, Charles Debbasch, est mort samedi à Paris à l'âge de 84 ans dans un anonymat surprenant.

Mercenaire à col blanc, concepteur de tous les coups d'État constitutionnels et électoraux commis au Togo depuis la décennie 2000, il a été recruté par le régime de Gnassingbé Eyadema en l'an 2000. Doté de la nationalité togolaise qui lui a été octroyée gracieusement par le régime, et d'un passeport diplomatique qui le protège et qui lui assure toutes les immunités, une somptueuse villa située à la Caisse lui a été affectée comme résidence

Dans la nuit du 31 décembre 2002, l'assemblée Nationale togolaise dirigée par Natchaba Fambaré Ouattara tripatouille la constitution en sautant le verrou limitant le nombre de mandats présidentiels à deux, le prince étant à l'époque député et président de la commission des lois. Ce coup fut l'œuvre de Charles Debbasch.

Auteur du tour de passe-passe juridique ridicule et spectaculaire orchestré le 5 février 2005 pour faire passer le prince du statut de ministre de l'équipement à celui de député titulaire, puis à celui de président de l'assemblée Nationale avant de finir président de la République par intérim, Debbasch a été au four et au moulin à l'époque pour concocter cette recette nauséabonde qui avait donné du Togo l'image d'un régime voyou et bandit vivement décrié par la communauté internationale et singulièrement, par le président de la Commission de l'Union Africaine d'alors Alpha Oumar Konaré et le président du Nigeria d'alors Olusegun Obasanjo, tous deux très vite mis sous l'éteignoir et remis à leur place par la Françafrique.

Des gens lui attribuent également les plus folles recettes notamment la fermeture immédiate des frontières terrestres et aériennes du Togo le soir du 5 février 2005 pour empêcher le retour de Ouattara Fambaré Natchaba en mission en Europe et bloqué derrière la frontière de Hillakondji, afin de faire constater son absence du pays pour le remplacer nuitamment au perchoir par le prince avec pour finalité ultime d'aboutir au coup d'État.

Un bon nombre de textes de loi liberticides et rétrogrades toujours en vigueur pris par le régime pour brimer, museler, réprimer et mettre en coupe réglée les populations togolaises lui sont aussi régulièrement attribuées en tant qu'auteur.

Malgré son état de santé vacillant sous le poids écrasant de l'âge, Charles Debbasch, en grand constitutionnaliste inusable, a joué un rôle majeur dans les soi-disant réformes constitutionnelles bidon opérées par le régime en mai 2019 qui rétablissent la limitation du nombre de mandats à deux avec effet non rétroactif, le blindage de la fonction de président de la République et le statut des anciens présidents pour offrir les garanties suffisantes au prince en cas de perte du pouvoir.

Dans tous les cas, eu égard à ses fonctions de conseiller juridique du régime, rien n'est entrepris par le régime visant la restriction des libertés démocratiques et le renforcement du pouvoir dictatorial sans l'aval et l'onction préalables de Debbasch.

C'est ce véritable terroriste et grand mercenaire patenté, architecte chevronné de tous les coups fourrés et foirés au Togo depuis l'an 2000, que le Créateur a voulu rappeler auprès de Lui samedi dernier en toute tranquillité à Paris, la capitale de son pays d'origine la France.

La maladie de Parkinson qui l'a emportée ne pouvant être prise en charge dans aucune structure sanitaire du Togo où il s'est pourtant immensément enrichi en conseillant le régime, c'est dans les hôpitaux de son pays qu'il a été honteusement évacué pour être soigné avant que la mort n'ait enfin raison de lui.

Charles DEBBASCH est mort ainsi en paix sans jamais avoir répondu de ses actes dans l'affaire Vasarely où il a détourné des tableaux de valeur.

Aussi, ce tortionnaire et preneur d'otage du peuple togolais ne répondra jamais non plus de ses actes devant la justice des Togolais dont les impôts et taxes ont servi à le rémunérer grassement. Pas grave.

Toutefois, il n'échappera point à la justice divine et naturelle pour ses nombreux crimes juridiques et constitutionnels commis sur le peuple togolais au profit du régime. Mais que le peuple togolais se détrompe, abandonner la lutte de libération pour compter sur la mort des pontes du régime comme solution est lâche. Le décès de ce satrape n'ébranle en rien ses employeurs qui courent toujours et qui se font entourer chaque jour un peu plus de centaines de conseillers de même carrure payés avec l'argent du contribuable pour perpétuer leur règne dynastique qu'ils souhaitent voir durer un siècle au moins, sinon beaucoup plus.

Par conséquent, il n'y a  aucun triomphalisme ni aucune victoire à arborer concernant le décès de ce sacrificateur du peuple togolais. La seule victoire à célébrer est celle que le peuple arrachera au forceps par sa combativité, son engagement et sa détermination face à l'injustice et à l'arbitraire, en balayant une fois pour toutes cette horde de profiteurs et de voyous rapaces qui lui ont fait tant de mal tout en étant nourris du fruit de ses efforts.

Que Charles Debbasch devance ses victimes, elles se  retrouveront tous un jour là-bas et là, le peuple togolais réglera ses comptes avec lui.

 

Edem MITIMI

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