Numéro vert : La curieuse façon de lutter contre la vie chère

 

                                                   Kodjo Adedze, ministre du Commerce

Quelques jours après que le président de la République, Faure Gnassingbé ait annoncé une avance sur salaire pour les fonctionnaires pour faire face à la vie chère, c’est son ministre du Commerce, de l’industrie et de la consommation locale, Kodjo Adedze qui revient à la charge avec une sortie pour le moins bizarre.

Dans un communiqué en date du 5 janvier 2022, le ministère informe la population de la mise en service d’un numéro vert pour signaler et dénoncer toutes pratiques anormales de commerce qui pourraient échapper aux services des équipes des inspecteurs et contrôleurs de commerce.

Depuis que les consommateurs et leurs associations crient que la vie chère ne leur laisse pas le choix, c’est subitement en cette fin d’année que les autorités ont entendu ce cri de détresse de la population togolaise.

Tout d’abord c’est le ministre de l’Economie, Sani Yaya, en décembre 2021 qui, a fait le constat sans autre approche de solution que le taux d’inflation moyen a atteint  un niveau exceptionnel. Dans la foulée, le président de la République, dans son message de vœux de fin d’année, comme solution, a « instruit le gouvernement d’accorder aux fonctionnaires des secteurs public et parapublic et aux retraités, dès la semaine prochaine, une avance d’un mois de salaire, qui sera remboursable par tranches mensuelles jusqu’en décembre 2022. J’encourage le secteur privé à prendre des mesures similaires ».

Comme si cela ne suffisait pas, dans la droite ligne des mesures pour juguler la vie chère, le ministre du Commerce annonce  la mise en ligne d’une ligne verte.

En quoi un numéro, fut-il vert, est une mesure contre la vie chère ?

Dans tout pays, tous les gouvernements du monde savent que  pour juguler l’inflation des prix, il faut améliorer le pouvoir d’achat de la population et diminuer certaines taxes.

Et dans notre pays où la question sociale est au cœur de l’agenda gouvernemental,  lutter efficacement contre la vie chère, ne ciblerait pas que le seul panier de la ménagère. Il doit s’agir d’une mesure globale. Et pour y parvenir les partenaires sociaux notamment organisations représentant les consommateurs, les employeurs, les professionnels ou les salariés, ne doivent pas être ignorés.

C’est seulement en agissant sur tous les postes de dépenses et en associant l’ensemble des acteurs économiques et institutions, que le gouvernement parviendra à lutter efficacement contre la vie chère, une mesure isolée de ligne verte ne résoudrait pas le problème.

 Ces pistes pourront être explorées. Il s’agit de :

- Diminuer les taxes des produits de grande consommation ;

- Suppression des mesures de double imposition sur les produits notamment les produits pétroliers ;

-Réduction de la taxe sur le péage ;

-Lutter contre la spéculation ;

-Encourager la production agricole en mettant à disposition d’intrants agricoles ;

-Mettre en place un observatoire des prix : structuration des prix, suivi hebdomadaire

Ce n’est qu’après ces mesures qui ne sont pas exhaustives qu’un numéro vert pourra être mis en ligne pour dénoncer les pratiques anormales. Avant c’est comme mettre les charrues avant les bœufs.

 

 

Francine DZIDULA

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