Prisonniers politiques : Deux responsables politiques écrivent à Faure Gnassingbé

 

 

                                          Faure Gnassingbé, le Président de la République du Togo

 

Depuis 6 mois, leurs amis et ancien ministre, Dimon Oré croupit à la prison civile de Lomé pour « outrage aux représentants de l’autorité publique et diffusion de fausses nouvelles ». Nicodème Ayao Habia, président du parti politique Les démocrates et Tchatikpi Ouro-Djikpa, ex conseiller deTikpi Atchadam, tous deux très proches de Dimon Oré avec qui ils avaient une version politique  commune qui passerait par une transition, les deux responsables politiques viennent d’adresser une correspondance ouverte au président de la République, Faure Gnassingbé. Dans ce courrier, après analyse de la situation socio-politique du pays, les deux responsables politiques exigent « la libération sans condition ni délai de tous les détenus politiques et d'opinion ».

Nous vous proposons l’intégralité de la lettre ouverte au président de la République.

 

 

 

                                         Lomé, le 11 janvier 2022

                                                                      

 

                                                                      A

                                                   Son Excellence     

                         Monsieur Faure    Essozimna 

GNASSINGBE

                               Président de la République du

                                                                    TOGO

                                                                  Lomé

 

 

Objet : Lettre ouverte

 

                                                     Ayao Nicodème HABIA et Tchatikpi OURO-DJIKPA

 

Monsieur le Président,

Par la présente, nous, acteurs de la vie politique du Togo, notre pays, tenons à vous présenter à l'entame du nouvel an 2022, d'abord et avant tout, nos vœux de la prise en compte de l'assentiment, de l'aspiration et de la volonté du peuple. Dans le même temps, nous saisissons l'occasion pour vous faire part de ce qui suit :

1-- Considérant que toute l'opinion nationale et internationale d'hier et d'aujourd'hui connaît celui qui a revendiqué l'assassinat du 13 janvier 1963 de feu Sylvanus Olympio, 1er Président démocratiquement élu du Togo, père de la Nation et de l'Indépendance ;

2-- Étant donné que toute revendication d'un crime, surtout faite en toute liberté et en âme et conscience, est un crime commis ;

3-- Sachant également que cette opinion nationale et internationale connaît bien ceux d'hier et d'aujourd'hui qui ont foulé au pied la Loi fondamentale de la IV ième République que le peuple togolais par référendum a votée à plus de 97% en 1992 en la taillant sur mesure nuitamment le 31 décembre 2002 aux fins de s'accrocher au pouvoir, en 2005 en la tripatouillant par vous-même la nuit du 05 février suite au décès de votre père ;

4-- Entendu que les deux présidents, du père en fils, ont, ce faisant, souillé leurs mains du sang des paisibles populations du Togo du levant au couchant, du sud au septentrion en passant par le centre du pays ;

5-- En se rappelant que vous, Président de la République, vous auriez avoué vous-même que votre père vous avait dit de ne jamais laisser le pouvoir (cf le journal indépendant togolais "Liberté" du 12 avril 2016) tout en étant conscient que votre règne et celui de votre père génétique n'ont apporté et n'apportent que de la souffrance, de la misère, de la famine, de la désolation et la mort au sein de la population togolaise ;

6-- Considérant d'abord que vous avez reconnu le 26 avril 2012 qu'une minorité seulement au Togo s'accapare toute la richesse du pays ;

7-- Considérant de nouveau que l'opinion nationale et internationale connaissent précisément les tenants et aboutissants de la minorité du père en fils qui pille tous les biens du pays ;

8--Conscient du fait que la liste des tares dont les deux gouvernances du père en fils font montre au Togo sont légion ;

9-- Réalisant qu'aucun de nos sœurs et frères qui depuis des lustres croupissent dans vos geôles dont certains sont passés du pas au trépas du fait de leurs traitements inhumains, dégradants et cruels dont ils font l'objet quotidiennement et qui ne sont ni de près, ni de loin concernés par ces crimes précités ;

10-- Fort de tout ce qui précède, vous conviendrez avec nous qu'il devrait y avoir inversion de place entre les tenants du pouvoir de père en fils et ceux qui souffrent aujourd'hui le martyre de la détention arbitraire et inique ;

11-- Et enfin, nous, acteurs de la vie sociopolitique togolaise, pour une lutte citoyenne, exigeons en tout état de cause la libération sans condition ni délais de tous les détenus politiques et d'opinion.

 

                              Fait à Lomé le 11 janvier 2022

                                                                     

                                       Pour les Acteurs de la vie

                                                                            sociopolitique togolaise pour

                              une lutte citoyenne,

                                

Ayao Nicodème HABIA, Tchatikpi OURO-DJIKPA

 

 

Ampliation :

- Le G5 au Togo

 Ambassade des USA,

 Ambassade de l'Allemagne,

 Ambassade de la France,

 Représentant de l'UE,

 Représentant de PNUD

- Toutes les organisations nationales et internationales des droits de l'homme

 AMNESTY INTERNATIONAL,

 HCR,

 CNDH,

 LTDH,

 FIDH,

 CROIX ROUGE…

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