Microfinance : Malgré la crise, un secteur très résilient

 

 


 

Le choc de la pandémie lié à la Covid-19 n’a pas fait de cadeau à certains secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, les transports aériens et routiers, le commerce informel… qui ont été durement touchés. En revanche, certains se sont bien comportés, ils ont montré une capacité de résilience sans précédent. C’est le cas au Togo, par exemple, du secteur de la microfinance.

Sur la base des états statistiques établit au Togo au 30 juin 2022, le secteur de la micro finance se porte mieux. Ainsi, on note que l’encours des dépôts se chiffre à 306 milliards 870 millions de F CFA au 30 juin 2022 contre 261 milliards 110 millions de F CFA en 2021 soit une augmentation de 17,7%.  Quant à l’encours de crédit, il s’établit à 240 milliards 780 millions à fin juin 2022 contre 193 milliards 700 millions au 30 juin 2021 soit une hausse annuelle de 24,3%.

Au cours de la même période, on a également assisté à une augmentation des membres bénéficiaires des micro-finances qui a connu une progression annuelle de 10,4% pour s’établir à 3 millions 307 mille 550 clients au 30 juin 2021.

Le pays  compte 159 systèmes financiers décentralisés (SFD) avec 574 points de service.  Ces chiffres ont été communiqués ce 22 septembre 2022 par Mme Litaaba-Kassou Baya, Directeur de la microfinance (DMF) au ministère des finances à l’ouverture des travaux des assemblées générales 2019, 2020 et 2021 de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Togo (APSFD-Togo).

Au niveau de la qualité du portefeuille, la situation reste néanmoins préoccupante, le taux brut des  créances en souffrance est passé de7,33% à fin 2021 à 5,78% au 30 juin 2022 contre une norme normale maximale admise de 3%.

Malgré ces performances enregistrées,  le secteur cache des difficultés a déploré Mme Litaaba-Kassou. Parmi celles-ci, elle cite l’insuffisance des fonds propres,  la faiblesse des systèmes d’information,  la dégradation continue de la qualité du portefeuille qui entache la rentabilité et la viabilité des institutions. Mais surtout le problème de gouvernance.


 

Pour finir, le Directeur de la microfinance, est également revenu sur le cas des microfinances qui enfreignent  la loi en exerçant dans l’illégalité.

Sur la même lancée, Mme D’almeida Gerda, Chef service microfinance à la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), a admis que la finance décentralisée togolaise a connu une évolution notable au cours de ces dernières années avec de plus en plus d’institution de transfert, des indicateurs qui évoluent en hausse et une significative contribution à l’inclusion financière des populations.

Au regard de ces constats encourageants, Mme D’Almeida, a réitéré ses félicitations à l’APSFD  pour les dispositions prises pour juguler les effets négatifs de la crise et afficher cette résilience. « La croissance continue des activités témoigne de vos efforts, de vos journées sans pause, de vos sacrifices et de la dynamique que vous avez bien su impulser à vos institutions en vue de consolider le secteur de la micro-finance », a-t-elle indiqué.

Le chef service microfinance à la BCEAO a, néanmoins, exhorté chacun des acteurs à prendre les dispositions idoines pour améliorer les performances de son institution dans le respect du cadre réglementaire et juridique, en s’inspirant de la bonne pratique de gestion dans le secteur.

Toutefois, précise-t-elle, « la bonne santé d’ensemble du secteur cache beaucoup de disparité entre les institutions, les défis individuels auxquels sont confrontés nos institutions devient importants et urgents pour la sauvegarde de la viabilité de la micro finance au Togo ». 


 

Mme D’Almeida a, enfin, convié les institutions de microfinance à une adaptation de leurs systèmes de gestion et d’information, à répondre aux exigences réglementaires, au respect des dispositions en matière de production de rapport et d’information périodique, bref à promouvoir la bonne gouvernance au sein de leur institution.

 Auparavant, M. Komi Bassina, Président de l’APSFD-Togo et Directeur général de la mutuel ASJD, dans son mot introductif, a témoigné ses gratitudes aux autorités du pays pour la confiance qu’elles ne cessent de renouveler au secteur de la microfinance.

Notons qu’au Togo, sur les 75 systèmes financiers décentralisés qui existent dans le pays, 58, conformément à l’article 23 de la loi N°2011-009 du 12 mai 2011, ont adhéré à l’APSFD-Togo. 2 SFD demeurent sous administration provisoire.

 

 

Albert AGBEKO

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